Les cigarettes et le chocolat empoisonnés des espions nazis

Les documents récemment déclassifiés du MI5, les services secrets britanniques, confirment que les leaders Nazis avaient prévu leur éventuelle défaite militaire et préparé un plan B visant à restaurer le Reich après la guerre (cf Complot nazi pour l’avènement d’un IVème Reich). Des espions implantés dans le monde entier avaient pour mission de déstabiliser le système politique des Alliés, de promouvoir des mouvements anti-bolchevicks dans les Pays de l’Est, d'organiser des opérations de sabotage et de recourir, si nécessaire, aux armes bactériologiques et aux poisons.A la fin de la seconde guerre mondiale, la RSHA ou Reichssicherheitshauptamt (Office central de la sécurité du Reich) se dote d'une unité d'intervention spécialisé, la Werwolf (Loup-garou en Allemand) chargé d'infiltrer les lignes ennemies et de mettre en place des opérations de sabotage. En mars 1945, par exemple, le maire d'Aix-le-Chapelle, une ville occupée par l'armée américaine, est assassiné par trois membres de l'organisation. Par ailleurs, la Werwolf distribuait clandestinement aux soldats anglais et américains des aliments contenant des substances toxiques. Ces informations ont été obtenues grâce à groupe de quatre agents allemands, dont une femme, parachutés à Ayon, près de Saint-Quentin en France, deux mois avant la fin de la guerre. Ils arrivaient de Stuttgart à bord d'un bombardier américain, un Boeing B-17 Flying Fortress, qui les avaient largué derrière les lignes ennemies. Avant leur départ, ils avaient obtenu l'autorisation de disposer de puissants poisons. Non pas les traditionnelles ampoules d'acide cyanhydrique (cyanure) pour se suicider en cas de capture par l'adversaire, mais des tubes d'aspirine contenant des produits toxiques. Selon le rapport du MI5, la victime mourrait moins de 10 minute après avoir avalé ces pilules.


Pistolet à deux coups dans une boucle de ceinture. Musée des armes à feu

Un rapport intercepté par les Anglais montre que, lors d’une réunion à Berlin en 1944, les débats ont tourné autour des méthodes d’empoisonnement. Les Nazis avaient, en effet, décidé de contaminer divers produits comme le chocolat, le sucre, l’alcool, le café, l’aspirine et les cigarettes. Les agents féminins, par exemple, étaient chargés de transporter des microbes, par l'intermédiaire de miroirs de poche glissés dans leurs sacs à mains. Ces armes bactériologiques devaient être utilisées contre des officiers de haut rang dans les territoires Alliés. Les militaires britanniques prenaient cette menace très au sérieux. Aussi, en 1945, alors que les soldats progressaient dans le camp ennemi, il fût interdit de consommer des aliments ou des cigarettes allemandes.


Bombe camouflée dans un morceau de charbon. / Stylos avec un mécanisme spécial Archives Nationales Britanniques.

Cette mesure de sécurité n’était pas excessive sachant qu’en avril 1945, quatre soldats de l’armée américaine ont été hospitalisés après avoir ingurgité de l’alcool empoisonné qu’ils s’étaient procuré en Allemagne. Par ailleurs, un mois plus tôt, l’arrestation de plusieurs espions allemands dans Nord de la France a permis de confisquer divers objets développés par les scientifiques allemands pour transporter du poison. Plusieurs stratagèmes avaient été mis au point. Le premier consistait à offrir une cigarette spéciale à son interlocuteur, provoquant une terrible migraine. Il s'agissait ensuite de lui proposer un cachet d'aspirine contenant du poison. Un autre scénario prévoyait de contaminer l'ennemi, lors d'un repas au restaurant. Des espionnes, déguisées en serveuses, contaminaient les aliments grâce à une poudre empoisonnée. Cette poudre pouvait également être déposée sur des poignées de portes, des meubles ou des livres. Les agents disposaient également de petite pilules à placer dans un cendrier. La fumée des cigarettes permettait au poison de se diffuser.


Soldats américains sur la ligne Siegfried ou Westwall (Allemagne) en 1945. Archives Nationales Américaines

Un rapport secret du MI5 précise que tous les individus capturés devaient être soumis à une fouille. Les objets comme les briquets, les aliments, les médicaments et les cigarettes étaient confisqués. Les services secrets mettent également en garde leurs agents contre les boucles de ceintures en forme de croix gammées qui pouvaient contenir de petits pistolets. Lord Rothschild, le directeur des services de contre-espionnage du MI5 avait lui-même fait analyser une tablette de chocolat et une boîte de Nescafé qu'il soupçonnait de contenir des substances mortelles. On sait néanmoins que les forces de l'Axe n'étaient pas les seules à recourir à ce genre de procédés. Ainsi, un document saisi par les Alliés et daté de février 1944 indique que des les résistants polonais ont tenté d'empoisonner des Allemands avec du gaz moutarde contenu dans des boîtes de crème Nivéa.

En avril 1945, un autre rapport, émanant cette fois du quartier général des forces alliées, note un changement de stratégie du camp ennemi et l'abandon des armes de guerre traditionnelles au profit des actes de sabotage, des assassinats et des tentatives d'empoisonnement.

Source : http://historizo.cafeduweb.com/lire/12613-les-cigarettes-chocolat-empois...

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